Le Fils de l’homme dans le nuage

La grande trompette


Dans l’Apocalypse, le fils d’homme du premier chapitre (Jésus) et le cavalier du chapitre 19 (au nom secret) ont tous les deux un glaive qui sort de la bouche : ils représentent deux incarnations de la Parole, comme on dit ici-bas. Deux “avatars”, pour reprendre un terme sanskrit qui signifie “descente” : le Fils descendant du Père, le Logos descendant dans le monde qu’Il a créé. La première fois que le Fils est venu chez lui, il a prouvé son identité en accomplissant les signes prévus par les prophètes ; mais, comme le dit Jean, les siens ne l’ont pas accueilli ce qui est un euphémisme ! La seconde fois, c’est donc sous un autre nom qu’il visitera le fidèle serviteur […] qu’il a établi sur les gens de sa maison, au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne sait pas ; puis, conformément à l’annonce du Visionnaire de l’Apocalypse, il se fera reconnaître en accomplissant le signe qu’il est le seul à pouvoir accomplir : l’ouverture des quatre premiers sceaux du Livre posé sur la main droite de Dieu…



Avant sa seconde descente dans le Monde, son Père lui avait dit : « Aussitôt après la fin du second millénaire, tu te présenteras devant la Maison et tu taperas sur le clavier de la porte d’entrée les signes que je vais t’indiquer. Si tu ne fais pas d’erreur, une séquence de quatre couleurs doit s’afficher : BLANC, ROUGE, NOIR, VERT. Il a été commandé au portier de veiller : attends un peu, il reconnaîtra le signal et t’ouvrira. » Comme le Père l’avait indiqué, la séquence de quatre couleurs est apparue, confirmant la validité de ce que le Fils avait tapé sur le clavier, mais nul n’est venu ouvrir. Le Père est alors entré dans une grande colère, car c’est dans la Maison que se trouve l’instrument qui doit servir au rassemblement des élus.



Explication : à cause du vacarme qui règne dans la Grande Cité, la parole de Dieu pourra ne pas être perçue. Afin que les appelés entendent son appel, il faudra donc que le Fils utilise un porte-voix : il enverra ses anges avec la grande trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, des extrémités des cieux à leurs extrémités. Le symbolisme des anges et de la grande trompette est explicité par une phrase du Livre des Nombres. S’adressant à Moïse, Dieu y déclare : « Ce sont les fils d’Aaron, les prêtres, qui sonneront des trompettes : ce sera une loi perpétuelle pour vous et pour vos descendants. » Autrement dit, les anges qu’enverra le Fils de l’homme seront des prêtres : depuis le Sinaï, ils sont en effet les seuls à être autorisés à “sonner de la trompette”.



Mais les six premiers sceaux ont été brisés, et aucun des siens n’a reconnu ni accueilli le Fils. Chez lui, il semble que plus personne ne veille : voilà pourquoi Dieu secoue aujourd’hui le Monde comme un figuier. Mais que veut donc Celui qui est assis sur le trône ? Veut-Il que les nations accueillent Son Fils comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ? Pas plus que la première fois. Non, ce qu’Il veut, c’est que les vignerons auxquels Il a confié Sa vigne honorent leur contrat. S’il appert que les nouveaux vignerons ne valent pas mieux que les anciens, il faudra que le Cavalier foule lui-même la cuve du vin de la fureur de Dieu avant que toute la récolte ne soit gâchée. Mais peut-être les présentations ne sont-elles pas suffisamment explicites ? Peut-être le Portier attend-il que celui qui frappe à la porte décline ses noms, prénoms, titres et qualités ? Alors :


QUE CELUI QUI A DES OREILLES ENTENDE
CE QUE L’ESPRIT DIT AUX ÉGLISES !


AINSI EN EST-IL DE LA PAROLE QUI SORT DE MA BOUCHE :
ELLE NE RETOURNE PAS VERS MOI SANS EFFET,
SANS AVOIR EXÉCUTÉ CE QUE JE VEUX
ET FAIT RÉUSSIR CE POUR QUOI JE L’AI ENVOYÉE.


Vous qui avez consacré votre vie à Dieu, placardez cette dernière citation sur tous les murs du Lieu où vous vivez, afin de bien vous en imprégner et de ne jamais l’oublier. Ce que Dieu a dit par l’intermédiaire de ses prophètes, de son Fils et de ses apôtres, vous ne pouvez pas l’escamoter : vous devez vous y conformer, et dire, comme Jésus : « Non ce que moi je veux, [Père,] mais ce que Toi tu veux. » Car à vous, plus qu’aux autres, il a été dit : Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en laissant sa maison, il a donné pouvoir à ses serviteurs, à chacun sa tâche, et au portier il a recommandé de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le propriétaire de la maison va venir, ou le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou le matin, de peur qu’arrivant à l’improviste il ne vous trouve endormis. Aussi, ce que je vous dis, c’est à tous que je le dis :


« VEILLEZ ! »



Vous, les vierges puisque c’est à vous que le Père s’adresse ici , Jésus ne prévoyait-il pas votre endormissement, quand il disait : « Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent » ? N’avait-il pas prévu que l’Époux viendrait quand l’obscurité serait totale, comme le suggère cette phrase : Au milieu de la nuit, un cri retentit : « Voilà l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » ? Entendez-vous maintenant ce cri ? C’est celui de l’ange qui suspend le cours de l’Histoire À CAUSE DE VOUS : Et je vis un autre ange qui montait du soleil levant, avec le sceau du Dieu vivant ; et il cria d’une voix forte aux quatre anges auxquels il a été donné de nuire à la terre et à la mer : « Ne nuisez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ! »

Trompette, coupe, et feu de l’autel.

Références des citations

(Les citations strictes sont en bleu, les notes et commentaires sont en vert)